Changements climatiques : que savoir en 2019

par | Analyse, Clés d'info

Climate Voices

C’est quoi, les changements climatiques ?

La Terre a 4,5 milliards d’années. Les changements climatiques, elle connaît. Périodes glaciaires, périodes plus chaudes… son climat s’est toujours naturellement modifié. Petit à petit. Doucement, mais sûrement. En voilà d’ailleurs une caractéristique : ils sont extrêmement lents. Une lenteur permettant à toute forme de vie de s’adapter pour survivre.

Puis l’homme a débarqué, avec ses gros souliers. Et depuis la révolution industrielle, la planète est de nouveau entrée dans une période de changements climatiques. Plus rapide et soudaine que jamais.

On en est où, en 2019 ?

Deux certitudes : il y a réchauffement climatique et ce phénomène est d’origine humaine. C’est ce qu’affirment 97% des scientifiques de la planète compétents en matière de climat.

Pour preuve, la température moyenne globale ne cesse d’augmenter. Juillet 2019 est le mois le plus chaud de l’histoire. Les quatre années les plus chaudes à l’échelle du globe sont 2016, 2015, 2017 et 2018. Et nous avons également déjà gagné 1 degré de moyenne par rapport à 1850 et près de deux degrés en Belgique.

La faute revient à nos trois principales sources d’énergie : le charbon, le pétrole et le gaz. Trois énergies fossiles. Leur usage émet des gaz à effet de serre, qui sont en grande partie responsables du réchauffement de la planète. Chaque année, nous en émettons toujours un peu plus (+ 1,3% par an entre 1970 et 2000; + 2,2% par an entre 2000 et 2010).

Il faut également savoir que les effets du réchauffement actuel sont le fruit des émissions de gaz à effet de serre vieilles de 50 ans. Il y a donc une latence de 50 ans avant que le système climatique n’y réagisse. Quoi que nous fassions, nous n’aurons pas de résultat probant avant une cinquantaine d’années.

Les nouvelles générations sont-elles des générations sacrifiées ? Ce sont en tout cas les premières à connaître précisément l’ampleur du problème. Et donc peut-être également les premières qui agiront vraiment afin de laisser une planète plus accueillante aux générations futures.

Concrètement ça change quoi, un climat plus chaud ?

Modifier le climat global de la planète, c’est toucher à un des paramètres fondamentaux de la vie sur Terre. Les conséquences sont déjà visibles et ne feront qu’empirer au fil du réchauffement.

  • Sur Terre, les précipitations baissent et les sols se dégradent. Les rendements agricoles diminuent, l’accès à l’eau se restreint et l’insécurité alimentaire grandit.
  • En mer, l’eau prend plus de place (phénomène de dilatation thermique) et les glaciers fondent. L’eau monte (déjà 20 centimètres de plus qu’en 1900) et gagne du terrain sur les terres. Les scénarios actuels évoquent une élévation du niveau de la mer de 1 à 2 mètres, selon les régions, d’ici la fin du siècle. De plus, l’eau chargée en CO2 s’acidifie (acidification des eaux), ce qui bouleverse de nombreux écosystèmes.
  • Les événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, ouragans…) deviennent plus intenses et plus fréquents. Ils ont déjà doublé depuis 1990.

De manière générale, c’est l’ensemble de la vie sur Terre qui est impacté. Des régions disparaissent, deviennent hostiles, voire complètement inhabitables. Cela force des populations entières à migrer. Les organismes vivants dans leur ensemble n’ont qu’une seule porte de sortie : s’adapter. Mais tous n’y parviennent pas et la biodiversité diminue.

+ 2°C

limite internationale d’ici 2100

N’est-ce pas déjà trop tard pour agir ?

Pour arrêter les changements climatiques, il est trop tard. Ces changements sont en marche et nous devons “faire avec”. En revanche, nous pouvons limiter leur gravité et leurs répercussions. L’objectif international est clair : ne pas dépasser deux degrés en moyenne de réchauffement en 2100, par rapport à l’ère préindustrielle (1880). Pourquoi deux degrés ? Car au-delà de ce seuil, les scientifiques n’excluent pas un effet d’emballement donnant lieu à des impacts imprévisibles et irréversibles. Selon le GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’évolution du Climat), cet objectif est encore atteignable, mais il faut faire vite.

Le GIEC, c’est 259 scientifiques issus de 39 pays différents qui rassemblent les connaissances sur l’évolution du climat. Ils ont dressé quatre scénarios possibles pour 2100, suivant la capacité de l’homme à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Sur les quatre, un seul scénario permet de rester sous le point de rupture des deux degrés.
Il n’est donc jamais trop tard pour agir, car chaque demi-degré compte.

Comment fait-on ?

On atténue le changement et on s’adapte ! L’atténuation et l’adaptation sont deux approches complémentaires afin de réduire et de maîtriser les risques. Atténuer, c’est produire mieux et consommer moins. S’adapter, c’est réduire la vulnérabilité et mieux gérer les risques.

Pour cela, certaines conditions sont nécessaires. Il est par exemple impératif d’agir collectivement à l’échelle mondiale et de se répartir les efforts. Cela implique des gouvernances rationnelles, de l’innovation, de l’investissement, des moyens de subsistance durables ou encore des comportements et modes de vie appropriés.

Consommer moins

 

Agir collectivement

Et les États, ils font quoi ?

Ils ont signé en 1992 (lors du Sommet de la Terre de Rio) le premier accord international sur le climat. Les pays signataires (192) ont alors décidé de se réunir chaque année en « COP » (Conference Of Parties), afin de se donner des objectifs climatiques plus précis.

Cela a conduit au protocole de Kyoto, signé en 1997. Un accord voulant obliger ses signataires à réduire leurs émissions. Il n’est entré en action qu’en 2005 et seulement…37 pays les ont effectivement réduites. Kyoto était largement insuffisant. Après l’échec du sommet de Copenhague, en 2009, l’accord de Paris a été approuvé par 195 pays lors de la COP21 (2015). Tous se sont donné pour objectif de contenir le réchauffement à moins de deux degrés – et si possible 1,5 ° – d’ici 2100.

Face à la lente mise en oeuvre de cet accord, les experts parlent d’une hausse des températures mondiales de 2,9° à 3,4° d’ici la fin du siècle. La frontière entre ambitions et actions semble donc pour l’instant toujours bien épaisse.

Aujourd’hui, tous les regards se portent vers un événement politique très important : la COP26 (2020). Il y est prévu de faire le bilan de la COP21, afin de redéfinir une trajectoire globale. Une nouvelle et dernière chance pour les gouvernements du monde entier de se montrer enfin à la hauteur de ce défi climatique.

Et en Europe, est-on sur la bonne voie ?

Depuis Kyoto, l’Union européenne a toujours pris le leadership sur les négociations par rapport au climat. D’ailleurs, si on en croit le site internet de sa commission : « L’Europe ne ménage pas ses efforts pour réduire massivement ses émissions de gaz à effet de serre… »

Pour ce faire, l’Union européenne s’est fixé trois grands objectifs pour 2030 : réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 %, porter la part des énergies renouvelables à 32% et améliorer l’efficacité énergétique d’au moins 32,5%.

Cela n’est cependant pas encore suffisant, car pour respecter l’accord de Paris, les émissions européennes devraient être réduites de 55 % à 65 % dans une bonne dizaine d’années !

La question est alors : peut-on aller plus loin ?

Objectif 2030

  • Réduction de GES (gaz à effet de serre) de 40% 40%
  • Part des Energies renouvelables porté à 32% 32%
  • Amélioration de l’efficacité énergétique de 32.5% 32.5%

Pas sûr. En fait, les dirigeants sont fort divisés sur le climat. Une fracture Ouest-Est se fait sentir à travers la résistance de pays comme la Pologne, la Hongrie ou encore République tchèque à adopter des objectifs ambitieux.

Et la Belgique dans tout ça ? Elle a fait pâle figure en 2019. Elle a voté (comme la République tchèque) contre l’objectif de 32% d’énergies renouvelables et s’était abstenue (comme la Hongrie et la Slovaquie) par rapport à l’amélioration de l’efficacité énergétique. Lueur d’espoir ? Le nouveau gouvernement régional wallon vient d’adopter un objectif de limitation de 55 % des émissions d’ici 2030.

Pourquoi est-ce si difficile de faire bouger les choses ?

Trois grands problèmes peuvent expliquer ce manque de réaction.

  1. Il n’existe aucun lien de cause à effet entre les émissions produites par un pays et les impacts subis par ce même pays. Les plus directement touchés sont les pays en voie de développement, mais les nations les plus responsables sont les autres. Si les pays responsables doivent changer leurs émissions, c’est donc principalement pour des régions semblant lointaines et peu stratégiques.
  2. Il n’existe aucun lien entre les émissions produites par une génération et les impacts subis par cette même génération. Il faut donc agir pour d’autres que soi.
  3. Au final, beaucoup de personnes souhaitent que rien ne change. Les entreprises les plus riches (secteur pétrolier, secteur automobile, secteur des pesticides…) sont bien souvent directement dépendantes des énergies fossiles. Il est donc plus confortable pour elles de maintenir le statu quo.

Pourquoi exiger une justice climatique ?

Il y a deux grandes injustices en matière de climat : Nord/Sud et intergénérationnelle. Ce sont les personnes les moins responsables du réchauffement climatique qui en subissent les conséquences les plus graves. La justice doit donc se mettre au niveau, car nous faisons actuellement face à une situation d’impunité concernant les atteintes à l’environnement.

Entre 2006 et 2019, ce sont plus de 1300 plaintes relatives au climat qui ont été déposées dans une trentaine de pays. Les accusés (des gouvernements et des grandes entreprises) sont poursuivis pour atteinte à l’environnement, à cause de leur action (ou de leur inaction) par rapport au climat. Conséquence : il y a aujourd’hui 20 fois plus de lois dans le monde liées au réchauffement climatique qu’il y a 20 ans.

Nos sociétés devront s’adapter aux conséquences des changements climatiques. Certains auront les moyens de le faire, d’autres pas. Le réchauffement va encore creuser les inégalités. La justice climatique est donc aussi une justice sociale. Ce qui n’est pas fait par les gouvernements et les parlements peut être fait par les juges. Pour protéger l’intérêt général.

    Que conclure de tout cela ?

    Nos générations actuelles ne pourront plus dire qu’elles ne savaient pas.
    Les changements climatiques ont et continueront d’avoir d’énormes conséquences sur notre société. Il est même déjà question de l’effondrement proche de la civilisation industrielle (collapsologie).

    Quoi qu’il en soit, l’information est la première étape avant l’action. La façon dont les gens perçoivent les changements climatiques influe sur les politiques climatiques prises au plus haut niveau. Il faut désormais agir, sur le terrain ou à travers des actions de mobilisation, avec la COP26 en point de mire.

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